Réflexions lasalliennes/Lasallian Reflections

Catherine_croppedPar Catherine Déry, District du Canada Francophone

English translation below French 

J’ai animé dans un camp pendant sept étés. J’enseigne depuis le mois de septembre, et ces cinq derniers mois ont été parmi les plus éprouvants, mais également parmi les plus fabuleux jamais vécus. Malgré son rythme effréné, le 3e Symposium des Jeunes Lasalliens m’offre une occasion inestimable de réfléchir à mon expérience d’éducatrice. Voilà donc un résumé de certaines de ces réflexions.

J’adore apprendre. L’acte d’apprendre est magique. L’illumination provenant d’un lien inédit, l’état d’incertitude découlant d’une affirmation contraire à ce qu’on a toujours pensé ainsi que l’idée d’enfin répondre à une question depuis longtemps posée sont des composantes qui justifient mon amour d’apprendre. Bien que j’aie tous les jours l’occasion d’apprendre, le Symposium est une occasion particulière et intense de vivre chaque minute de la journée la magie de l’acte d’apprendre. Cette expérience d’apprentissage est particulière parce qu’elle nous demande de tirer profit de nos apprentissages et elle est intense parce qu’elle nous oblige à éviter de remettre à plus tard ce qu’on peut faire dès maintenant. Parmi mes moments d’illumination les plus marquants se trouvent plusieurs éléments des présentations que nous avons entendues tout au long des trois derniers jours. Pour moi, ces éléments marquants forment un tout cohérent qui me donne une vision plus approfondie de mon cheminement en tant que lasallienne.

Tout d’abord, la présentation par le Supérieur général des caractéristiques des différentes générations qui composent la jeunesse actuelle m’a permis de me replonger dans une réflexion sur les jeunes qui m’entourent tous les jours dans mon métier d’animatrice et d’enseignante. Cette présentation lucide et pavant la voie à l’espoir qu’il est nécessaire d’entretenir dans un monde en crise ainsi que l’idée, reprise par le vicaire général, qu’il faut toujours prendre du recul et savoir définir et redéfinir sans cesse notre propre société, ont su placer tout mon travail d’éducatrice dans une perspective de réflexion lasallienne. Sur une note plus personnelle, une des questions posées par le vicaire général, « Qu’est-ce que j’adore/vénère? », ainsi que certaines réponses pouvant être proposées telles que l’argent, la beauté, l’intelligence ou le pouvoir, m’ont poussé à réfléchir sur ma propre réponse, ainsi que sur le fait que ces réponses sont généralement des réflexes qui sont induits par la façon dont la société fonctionne et qu’un des buts de l’éducation consiste à éviter qu’elles deviennent des réponses radicales qui consument ceux qui en font leur principal objectif de vie. Se rajoutent à ces premiers éléments l’espoir de bâtir un monde meilleur à partir d’un rêve collectif et l’idée de rendre ce rêve signifiant et concret en étant capable de voir les besoins réels et de juger des moyens les plus efficaces pour y répondre.

Pour moi, répondre à des besoins passe par le service. Mais pour servir ceux qui en ont le plus besoin, il faut proposer des solutions qui ne peuvent en aucune façon correspondre parfaitement à quelque chose qui existe déjà. Il faut analyser le besoin dans sa réalité historique, sociale, culturelle et politique et devenir des agents de changement et des agents d’espoir en ne cherchant pas à panser, mais bien à transformer. Les intuitions fondamentales de De La Salle visaient tout d’abord à atteindre les enfants par l’éducation et leur fournir les moyens de se développer pleinement. Nous nous devons de réinterpréter ces intuitions fondamentales à la lumière du quotidien et du futur possible de notre société. Non seulement nous avons la responsabilité d’être attirants et cohérents, mais nous devons également proposer des solutions qui changeront la nature d’un besoin réel parce qu’elles auront contribué à transformer ceux qui ressentaient ce besoin ou les problèmes structurels qui ont causé son apparition. C’est en construisant ensemble l’espoir que nous pourrons y arriver.

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I was a counselor for seven years in a summer camp and I began a teaching carreer last September. The last five months were probably the most demanding ones I ever lived, but, at the same time, the most rewarding ones. In spite of its somehow frantic rhythm, the 3rd ISYL is offering me an unbelievable occasion to reflect on my experience as an educator. Here is a summary of some of my reflections.

I am fond of learning. In itself, learning is kind of magic. That includes the illumination that comes through an unprecedented link, the state of uncertainty that comes up when something new challenges one’s usual way of seeing things, and, finally, the fact to finally have an answer to a question you had been struggling with for a long period of time. Those are all realities that explain why I love learning so much. Even if each day is an opportunity for learning, this symposium is a very special occasion, and an intense one, to experience the magic of learning each and every minute of the day. This occasion is special because it pushes each of us to really take advantage of our learning experiences, and it’s intense because it prevents us from postponing what we can do right now. What we learned at the lectures certainly rank among the most enlightening experiences we have had so far at the symposium. All of those teachings are very well put together and they give me a holistic and deeper approach to what it means to be a Lasallian.

Among them, the first one is certainly the lecture given by the Superior General on the characteristics of each generation of the young people of today. It allowed me to go deeper into a reflection on who the young are around me, as a teacher and a counselor, on a daily basis. It was a clear-headed presentation, but full of hope at the same time, of that hope that we must have in these times of crisis. He also mentioned, as the Vicar General also did, that we must put things into perspective and define, and redefine what our society is. All of that really helped me put all my work as an educator in a Lasallian perspective.

On a more personal consideration, each of us had to answer this question asked by the Vicar General: “What do I like most?” Some of the replies could have been, and maybe were, money, beauty, intelligence, or power. All of that really pushed me to reflect on the answer I gave. We also realized that those reactions, those answers, often are reflexes that come from the way society is working. One of the objectives of education is precisely to do in such a way that those reactions do not become hazardous for those who adopt them. We were also lectured on the hope we must have to build a better world, starting from a collective dream point of view and developing the idea of making that dream meaningful and real. At the same time, we must be able to see the real needs and chose the most appropriate means to satisfy them.

As I see things, to satisfy the needs requires service. But in order to serve those who are the most in need, we must suggest new solutions—very different from what is currently being offered. We must analyze the need in its historic, social, cultural, and political situation, in order to become factors of change and of hope; our main goal must not be to cure, but to transform. The basic intuitions of De La Salle were aiming at, first, get to the students through education and give them the best possible means of developing fully. We must adapt those intuitions in our current reality, and prepare for the future. Not only do we have to be appealing and coherent; we also have to suggest solutions that will change the real nature of a given need, because we will have been successful in transforming those who were experiencing that need, or changing the structural problems that were giving birth to that need. There is only one way to get there: let’s build hope together!

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